13 mai 2014

"Notre traversée BVI-Bermudes" écrit en mer par Isabelle


3 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 82 mn

Le départ de ce rallye et surtout de cette traversée de plus d'une semaine en famille, nous rend tous fébriles.  Nous quittons le quai de la Marina Nanny Cay avec un petit pincement, mais aussi avec le désir de finalement naviguer après cette grosse semaine de travail et de préparation. 


Quitter les eaux chaudes de la mer des Caraïbes nous rend aussi un peu nostalgiques. Mais, nous nous consolons en nous disant que nous partons à l'aventure et découvrirons de nouveaux horizons.

Un autre équipage "en famille" fait partie du rallye ARC-Europe. Il s'agit du voilier "Starship".  Nous avons fait leur connaissance il y a 3 jours. Ils sont une famille autrichienne avec 3 enfants. Dès nos premières salutations, le "courant a passé". Les enfants se sont liés d'amitié rapidement. C'est agréable puisque nous nous rencontrerons entre les 3 legs soit, aux Bermudes, aux Açores et au Portugal. Nous voici tous ensembles le matin de notre départ. 
Le départ de la course se fait entendre à midi. Nous préférons rester à l'arrière du peloton et laisser les voiliers franchir la ligne de départ. Nous pourrons capturer de belles images!


Nous sommes charmés par la beauté des paysages. Les voiliers s'intègrent parfaitement au décor. J'en profite pour prendre plusieurs photos. 













Le vent est bien établi. Nous filions à plus de 7 noeuds dans cette étendue d'eau relativement calme. Nous nous sentons dans notre élément. 


À 14h50, un grain passe et nous perdons en mer notre bouée fer à cheval , la lumière de retourne ment, le petit parachute , le sifflet, ainsi que le long cordage attaché à notre perche d'homme à la mer qui à son tour, se fait littéralement arracher du bateau. La perche casse en un rien de temps. Ouffff... Pas d'autres dommages. Impossible de retourner chercher cet équipement, nous fillons trop rapidement et la mer est maintenant plus grosse. Nous devrons faire sans cet équipement de sécurité jusqu'au Bermudes.

Nous soupons vers 18h15 et ensuite je pars me coucher jusqu'à 1h00 du matin, le moment où Dave ira se reposer pour le reste de la nuit.


4 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 134,5 mn

Il est 3h53, je suis seule dans le cockpit à veiller. Le ciel est étoilé. La mer nous porte avec ses vagues de 3 à 4 pieds. Parfois, je confonds les étoiles avec les lumières blanches des mâts de voiliers tout autour. Pourtant, je sais très bien que les voiliers sont à plus de 5 miles nautiques de nous. Il fait très sombre et je suis probablement fatiguée mais ne sens pas cette dernière.
Nous filions grande-voile et génois déployés à plus de 7 noeuds, à une allure au près à 60 degrés du vent. Tout est parfait. Je n'entends que le son du pilote automatique et celui de l'eau qui glisse sur la coque. Le vent léger de 12 à 17 noeuds me caresse les joues. Je suis bien.

Durant la journée, le vent tombe à moins de 5 noeuds. Nous n'avançons presque plus. Les bateaux que nous avions pris de l'avance dessus, déploient leur spinnaker et reprennent de l'avance sur nous. Notre voilier est performant à voile dans des vents de plus de 10 noeuds. Comme nous n'avons pas de voiles de "petit temps", nous ne sommes pas les plus rapides. 

Demi et Rebecca s'attachent au bateau et descendent mettre leurs pieds à l'eau car il fait très chaud!

Nous préparons un bon souper sur le BBQ puisque la mer est calme et que le bateau avance à environ 4.5 noeuds. 

Quel décor! Imaginez une minute "un souper, en famille assis dans le cockpit du voilier avec une vue en première classe sur la mer infinie!" 
Plusieurs seraient prêts à payer cher pour être ici par ce temps clément! Nous, nous y sommes! ;))

Tout d'un coup, nous entendons le frein du moulinet de notre canne à pêche retentir... Un gros poisson saute hors de l'eau et après, plus rien.... Nous l'avons manqué...;(

Une fois le souper terminé, nous démarrons le moteur. La barrière psychologique inférieure du 4,5 noeuds vient d'être franchie. Nous baissons les voiles car elles se balancent dans tous les sens. Nous ne voudrions pas avoir de bris dans celles-ci.  La houle de la mer nous fait basculer de gauche à droite maintenant. 

Il est 19h45, je vais me coucher jusqu'à mon prochain quart de nuit.

5 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 136 mn

Il est 0045. Je me lève pour aller remplacer Dave à la barre. Il me raconte avoir vu des lumières rouges apparaitre subitement à moins de 1 mile du voilier vers 1100. Tel un bateau de croisière éclairé la nuit mais cette fois, en rouge. Il n'y avait aucun signe de cette présence sur notre AIS. Étrange... Aussi rapidement apparu, aussi rapidement disparu... 
Nous pensons qu'il s'agit peut-être d'un sous-marin. Nous imaginons ses occupants qui se"marrent" un bon coup en sortant de l'eau ainsi, juste à côté de nous....

À 0125, nous signalons notre position à un cargo de 492 pieds qui passe à moins de 2 miles nautiques de nous . C'est une question de s'assurer qu'il ne dort pas et qu'il nous a bien vu.

Il est 0145, Dave va se coucher.

Nous faisons le point à toutes les 2 heures dans notre livre de bord. C'est une façon de se situer si jamais notre électronique cessait de fonctionner. Nous tenons ce dernier manuellement et y inscrivons aussi des commentaires personnels. Par la suite, nous le conserverons  en souvenir lorsque nous quitterons cette vie de marins pour retourner les pieds sur la terre ferme. Ce livre de bord, continuera de nous faire rêver...

Assise confortablement dans le cockpit, je vois trois superbes étoiles fillantes tracer leur route dans le ciel étoilé. Il est 0236. Je respire la  plenitude de la nuit.

Aux petites heures du matin, le soleil se lève à l'horizon. Un voile commence à couvrir le ciel. Le vent commence doucement à se lever. Je vais chercher Dave et nous sortons le génois et y installions le tangon pour s'assurer qu'il reste gonflé dans ce vent très faible. Les voiliers que nous apercevons tout autour, n'ont encore levés aucune voile.  Nous espérons prendre un peu d'avance sur eux, le temps qu'ils se réveillent et qu'ils montent leur spinnaker.... 

30 minutes plus tard, le voilier sur notre tribord arrière, "Bonnie Lass" monte son spinnaker et nous dépasse à bon train au cours de l'avant-midi. Notre avance n'aurait pas été suffisante pour compétitionner avec des voiles spécialement fabriquées pour les vents faibles. 

Le vent reprend vers la fin de l'avant-midi et nous recommençons à rouler au-dessus de 6 noeuds. L'équipage reprend espoir et les filles refont leurs calcus à savoir combien de jour il nous reste à naviguer pour arriver aux Bermudes.


Aujourd'hui, il ne reste que 2 bateaux en vue. La majorité de la flotille qui était avec nous a bifurqué vers l'ouest. Nous, nous avons préféré demeurer à l'est. Nous verrons qui aura eu raison à l'arrivée.

Tout au cours de la journée, notre ligne à pêche est à l'eau. Nous perdons 2 poissons qui mordent mais qui se décrochent de notre ameçon. À 3h35, le frein du moulin se fait entendre! Un gros poisson saute hors de l'eau, la ligne traine à plus de 125 pieds en arrière du voilier! En tentant de diminuer rapidement le fil de sortir du moulinet, je blogue le frein du moulinet et le fils s'entortille dans ce dernier! Deux de mes doigts ont été brûlés par le filin qui s'échappait. Plus rien à faire pour ramener notre poisson dans le bateau! Nous décidons donc de couper le fil à la sortie de moulinet et de l'enrouler  sur une grosse bobine de pêche. 

Je travaille très fort pour ramener à main le fil autour de cette bobine. 


Demi et Rebecca crient de joie en apercevant une superbe dorade corifène! Enfin notre premier Mahi-Mahi!

Une fois la dorade dans le cockpit et les photographies prises, le travail commence.... À genoux dans le fond du cockpit à me faire bercer de gauche à droite,  je lève les filets de cette belle créature. Pour souper ce soir nous mangeons des filets de mahi-mahi frais! Bonheur total!


À 18h30, le sommeil m'apelle. 

6 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 134.4 mn

Je me lève pour remplacer Dave à la barre. Il est 00h00. 
Le vent est tombé à nouveau. Nous naviguons à moteur à moins de 5 noeuds. C'est un peu décourageant. 
Le ciel est couvert complètement et des grains de pluie passent à l'occasion. Aucune lumière de bateau n'est visible à l'horizon.
Naviguer dans la noirceur totale, c'est comme un acte de foi. Nous avançons sur ce tapis noir en se fiant uniquement aux instruments et en se disant que tout ira bien...

Ce matin, le vent nous porte au près serré dans une mer un peu agitée. Des grains tombent à l'occasion.  La proue du bateau congne dans les vagues et en plus, nous tanguons encore de gauche à droite. Nous avançons à une vitesse moyenne de 6,5 noeuds. Heureusement que notre vitesse est bonne, sinon ces mouvements de machine à laver seraient insupportables.

Je vais me coucher vers 0800 question de reposer un peu mon corps qui réclame de se retrouver à l'horizontale un moment. 
Je dors un peu,... je me réveille pour écouter une voile qui claque sous le vent,... je m'endors encore...., je me réveille car le bruit d'une attache de métal d'un harnais de sécurité de quelqu'un dans le cockpit résonne en tombant par terre,... je m'endors à nouveau,... et ainsi de suite jusqu'à 1100. 
Sur un voilier, c'est le type de sommeil que l'on fini par accepter. Quand nous pouvons dormir, nous apprécions ces moments même s'ils sont de courte durée.

Dave a reçu les nouveaux fichiers météo ainsi que la position des bateaux en date d'hier soir à 2000. Nous réalisons que nous sommes en avance sur quelques voiliers que nous avions cru nous avoir dépassés. Nous sommes encouragés de ces résultats. Si le vent peut continuer de souffler, nous garderons cet avantage. Cependant, si le vent tombe comme prévu et que nous devons naviguer à moteur, nous ne serons pas les plus rapides.

En après-midi, le vent forcit jusqu'à  20-25 noeuds. Nous essayons plusieurs combinaisons de voilure durant plus d'une heure et demi. Nous arrêtons notre choix avec notre grande-voile arrisée de 3 ris et le génois pleine grandeur. Nous allons à une belle vitesse variant de 6.5 à 7.5 noeuds. Nous en profitons pour gagner du terrain vers le nord. 

Plus tard en après-midi, nous passons sur la mer des Sargasses. Cette mer est connue pour ses grandes étendues d'algues qui flottent sur l'eau. 

Parfois nous apercevons mêlés dans les algues, des débris de plastique. L'homme et son empreinte écologique... 
Nous restons attentifs pour ne pas accrocher la coque du voilier dans ces derniers. Nous tentons aussi d'éviter que des algues puissent rester prises à l'arbre de l'hélice et l'hélice du moteur. 

Au souper, nous sommes assis et attachés dans le cockpit durant un magnifique coucher de soleil. Manger à une allure au près c'est un peu sportif autant pour ceux au bas qui doivent contracter leurs abdominaux , que pour ceux en haut qui doivent se retenir avec leurs jambes pour ne pas glisser.
Nous sommes amarinés maintenant, c'est confirmé! Jusqu'à maintenant, tout l'équipage ,les filles inclues, n'ont pas eu un signe de mal de mer!

Je retourne me coucher après avoir fait la routine de la vaisselle avec les filles. Je dors jusqu'à 0100. Dave à son tour, va se coucher pour le restant de la nuit.

7 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 133 mn

Il est 0110. Dave a démarré le moteur avant d'aller se coucher car le vent a beaucoup dimunué en soirée. Nous naviguerons avec la grande-voile et le moteur tant que notre vitesse restera à 6 noeuds. Comme prévu, sur notre AIS, un voilier nous rattrape doucement. "Bonnie Lass" se déplace à plus de 7 noeuds. Plus tôt le vent reprendra, plus vite nous pourrons remonter en avant,.... 

Plus tard, pendant la nuit, le vent est tombé et la mer est presque comme de l'huile. On peut y apercevoir des spécimens luminescents en dessous de l'eau. Ils sont assez gros et peuvent mesurer jusqu'à 1 pied. On nous à raconté qu'en mer certains ont déjà vu des requins qui laissaient une trainée luminescente en se déplaçant sous l'eau, tel l'effet visuel d'une torpille. J'aimerais bien voir ça moi aussi.
Je reste absorbée de longues heures à regarder ce spectacle luminescent.

Une nuit complète passée à contempler les étoiles,  l'immensité de la mer et de l'univers... Une nuit complète à réfléchir sur la vie,... 
L'eau est si lisse  qu'on ne peut distinguer la ligne d'horizon entre la mer et le ciel.... Tout d'un coup, je me mets à penser aux milles et unes questions de Demi des derniers jours  concernant le "Triangle des Bermudes". Ça me fait sourire. Mes pensées errent..... ;)
Hummm... Et si c'était ça le triangle des Bermudes... Passer de l"autre côté de la ligne de l'horizon, si tranquillement, si paisiblement et sans peur?....

Bon là, je suis sûrement affectée par le manque de sommeil.... je retourne voir du concret... L'AIS. ;))

Il est 0313 et sur mon AIS il y a un peu d'activité. Le voilier "Bonnie Lass" coupe notre course à 4.6 mn en arrière de nous et un cargo nommé "Clipper Ise" mesurant 554 pieds se dirige à Québec! 
J'ai une sensation de me sentir un peu à la maison. ;)

Le lever du jour est magnifique. La mer est si calme. C'est difficile de s'imaginer que l'atlantique peut-être aussi  paisible. Le soleil se lève et je vais le contempler,  assise sur le pont du voilier et attachée avec mon harnais à la ligne de vie. Je filme quelques séquences pour me souvenir de ce moment magique. 
Il y a un adage qui dit "red sky at night,sailors delight; red sky in the morning sailors warning".... J'ai bien hâte de voir si le ciel rouge de ce matin prédit bien un temps plus fort en mer.


Tout l'avant-midi se fait au moteur. Notre vitesse d'à peine 5.5 noeuds sur le fond ne nous plaît pas. Il nous est impossible d'aller plus rapidement. Nous avons un courant de 0,9 noeuds contre nous en plus. Nous en profitons pour remplir de diésel notre moteur, c'est le temps parfait!

En après-midi, les vents se lèvent suffisamment pour naviguer à voile. Nous restons continuellement à l'affût des nuages qui pourraient nous apporter un grain.

En fin de journée, nous nous préparons car les vents se lèveront en soirée et pour la nuit à plus de 15 noeuds. Nous prenons 2 ris dans la grande-voile et préparons le foc tempête pour rester conservateur pendant la nuit. 

Vers 18h45, le vent commence à se lever.  Soudain, j'aperçois une hirondelle voler au dessus du bateau. Elle tente de s'accrocher au voilier à plusieurs reprises. Elle semble fatiguée.
D'où vient- elle, si loin des côtes? 
Elle se pose sur une des écoutes du génois, face au vent. Elle se déplace 15 minutes plus tard, à l'arrière du voilier tout près de nous dans le cockpit. Elle se niche dans le bras du moteur hors-bord accroché au balcon. 

Je vais me coucher pour revenir en forme dans la nuit.

8 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 136.3 mn

Au cours de la soirée, Dave vient me réveiller pour faire des manoeuvres avec les voiles à deux reprises.  Le vents varie entre 20 et 25 noeuds du nord-est et la mer est formée avec des vagues allant jusqu'à 8 pieds. Le bateau est très gité et nous avançons moins rapidement que nous aurions espéré. Nous ne tentons pas de mettre plus de voilure, car nous ne voulons pas faire forcer le gréément et risquer de briser quoi que ce soit. Je me réveille en sursaut vers 0200. Je n'ai pas entendu mon alarme à 0100. Dave va se coucher à son tour.

Cette nuit c'est certainement la plus difficile pour le sommeil et le confort. Le bateau bouge beaucoup.

Tel que le ciel rouge de ce matin l'avait prédit, nous avons eu du temps plus difficile. Alors, l'adage semble fonctionner.

Toute la nuit j'ai veillé sur notre petite hirondelle. Elle a dû se tenir fort toute la nuit pour rester en place dans le bras de moteur. Elle s'est fait mouiller et à eu beaucoup de vent même si elle était un peu à l'abri. Elle semble avoir apprivoisé notre présence et à pu se reposer un peu toute la nuit.
Aussitôt que le soleil se lève, j'ai le temps de prendre quelques dernières photographies avant son grand départ. Et voilà, elle vole au-dessus de l'océan!

Dave vient me rejoindre dans le cockpit à 0600. Il n'est pas satisfait de notre vitesse moyenne de cette nuit. Il analyse encore une autre fois notre route optimisée. Nous attendons de prendre notre prochain fichier météo avant de changer de stratégie, s'il y a lieu.

Une fois l'analyse météo terminée, nous regardons notre classement dans le rallye que l'organisation ARC-Europe nous envoit. Dave constate que "Bonnie Lass" nous à dépassé de 5 mn cette nuit. Même s'il est dans la classe A et nous en classe B, le côté compétitif de Dave reprend surface. Il fera tout pour le rattraper! ;)

Nous roulons en moyenne 7 noeuds. 

Aujourd'hui c'est une bonne journée de voile. Toute la journée, nous filions à plus de 6.5 noeuds. Le vent souffle de 18 à 23 noeuds une bonne partie de cette dernière. Ceci nous permet d'avancer vers notre objectif: les Bermudes! Là, même par gros temps, nous sommes heureux et les troupes sont encouragées. Nous espérons arriver avant minuit vendredi soir, sinon nous devrons aller s'ancrer et attendre 0800 samedi matin pour faire les douanes et l'immigration. 

À 1545, Dave et les filles veulent pêcher. Ils me demandent mon accord avant de lancer la ligne à l'eau car c'est moi qui prépare les poissons et qui lève les filets . J'accepte avec retenue, et espère que je n'aurai pas à faire ce travail avant la préparation du souper, dans la vague et avec un voilier gîté à 20 degrés.
Évidemment, ce qui devait arriver, arriva! Dave nous ramène à bord un majestueux wahoo! 


Nous sommes tous très contents de ce premier wahoo pêché! Pas question de le laisser aller! Maintenant je dois le préparer dans des conditions plutôt diffiicles car le bateau est gité, la mer nous brasse un peu, et l'espace dans le cockpit est restreint! De plus, attention au coûteau à fileter!

Ce soir nous mangeons une entrée de sashimi de wahoo! À mon avis, c'est le poisson le plus divin en sashimi! 


Ce soir, le bateau avance confortablement dans un vent bien établi.

9 mai 2014
Distance parcourue vers le nord jusqu'à minuit: 151 mn

Vers minuit, je me lève et remplace Dave pour la veille de nuit. Le vent et la mer sont calmes. Nous sommes maintenant à moteur, avec notre grande-voile à poste. Elle nous permet d'avancer un peu plus rapidement compte tenu que le vent est d'environ 5 noeuds. Encore une fois, avancer à moteur n'est pas à notre avantage. Nous roulons environ 5.4 nouds pendant plus de 5 heures.

À 0245, je commence à apercevoir une lumière de mât à notre babord arrière. Je ne sais pas de quel voilier il s'agit car il n'apparaît pas sur l'AIS. 

Plus les heures avancent, plus le voilier s'approche de nous. Nous voulons du vent pour le distancer à nouveau.

À environ 7.5 miles nautiques de nous, le voilier apparait enfin sur notre AIS. Il s'agit du voilier " Bonnie Lass"! Nous pensions encore une fois qu'il nous avait dépassé! Tout compte fait, il est plus rapide que nous à moteur, mais nous sommes plus rapides que lui à voile!

Le jour se lève.

À 0800 le voilier "Bonnie Lass" a déjà 2 miles nautiques en avance sur nous et tranquillement le vent augmente.... 

Durant ce temps, un bon petit déjeuner se prépare. Nous en profitons pour manger avant que le bateau soit trop gité et aussi pour avoir beaucoup d'énergie pour faire une belle finale à voile.


Tout l'avant-midi nous naviguons à voile, côte à côte, avec "Bonnie Lass". Avec ce vent, nous avançons à la même vitesse. 

C'est une journée de voile magnifique. 

Les filles trouvent de quoi se gâter un peu ... Même s'il est encore tôt. Aujourd'hui c'est la fête de notre dernière journée en mer!

Le vent est maintenant à plus de 15 noeuds au travers. Il s'agit de notre allure la plus performance avec Morning Haze. Nous sommes confiants de pouvoir le dépasser, mais nous devons travailler fort.  Nous nous assurons de faire de fins ajustements de voile en continu afin d'optimiser notre vitesse. Nous avançons à plus de 8,5 noeuds! Nous distançons lentement mais surement "Bonnie Lass".  

La compétition amicale entre nous deux est très agréable et nous tient sur le qui-vive jusqu'à la ligne d'arrivée!

Nous apercevons les Bermudes à l'horizon! Il fait bon de voir la terre! 

À 20 miles nautiques des Bermudes, Dave contacte "Bermuda Radio" pour leur signifier notre présence et notre désir d'entrer sur leur territoire. Ils acceptent et nous donnent des instructions d'entrée au pays.

À 2 miles nautiques de la ligne d'arrivée, je contacte le Rallye Control ( organisations de l'ARC) pour les avertir de notre arrivée! 

Nous passons la ligne d'arrivée à 15 heures 13 minutes! 

L'émotion est palpable dans l'air. Nous avons accompli en famille ce nouveau défi! 
Nous sommes tout simplement heureux. Nous savourons ce moment de bonheur et d'accomplissement familial en chemin vers le port.





Arrivés dans le port de Saint-Georges, nous nous dirigeons aux douanes. 

Nous sommes reçu par Mia, une des organisatrices de l'ARC. Elle nous donne une bière brune locale et les filles reçoivemt une "gingerbeer". Après 7 jours passés en mer, en "cale sèche", ce sera bon!



Suite aux procédures d'entrée au pays, nous hissons le drapeau de courtoisie des Bermudes.

Ensuite, Mia nous dirige vers le quai du ferry dans la ville où nous passerons la nuit. 


Une fois amarrés, nous célébrons notre réussite! Une petite bouteille de "Veuve Cliquot" bien fraîche nous attend!

En sommes, cette traversée de 850 miles nautiques (en ligne droite) ayant durée 6 jours et 6 nuits en mer a été exceptionnelle. 

Quelle aventure nous avons vécu! Un nouveau défi en famille réalisé avec brio!

Leg #1: BVI-Bermudes ACCOMPLI!!!

11 mai 2014

Ce soir c'est le dévoilement officiel des gagnants pour le premier leg. Nous prenons part à un souper avec tous les équipages et organisateur du Rallye ARC-Europe.


Lors du dévoilement des gagnants de notre classe, soit la classe B, nous avons enfin obtenu notre temps corrigé comprenant les handicaps de notre voilier et en additionnant nos heures moteurs par le facteur 1.5 pour ce leg. À notre heureuse surprise nous nous sommes classés au 3e rang! La salle entière a applaudit la petite "Famille Haze"!








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